Si vous avez loupé le premier épisode c'est
ici.
Me voilà donc au troisième trimestre de grossesse. Maintenant, je ne peux vraiment plus le cacher !
Sachant que je suis professeur des écoles et que ce boulot est éprouvant aussi bien physiquement que mentalement, beaucoup d'amis français sont étonnés de savoir que je travaille encore. Je vais donc vous expliquer comment ça marche les congés maternités ici.
En fait c'est facile, il n'y en a PAS ! Les Etats-Unis sont l'un des trois pays au monde (avec le Libéria et la Papouasie-Nouvelle Guinée) à ne pas en proposer. Et oui, le système social de ce pays craint à mort... Alors, vous vous dites : "mais ma pauvre comment vas-tu faire ?" ou bien "ça t'apprendras à te barrer !" au choix...
Comme pour la santé en général, les droits de chaque femme (car vous l'aurez bien compris s'il n'y a pas de congé maternité, on va encore moins en donner au père) dépend de son employeur. Dans mon cas, mon travail propose de bons "benefits" de manière générale et voilà comment ça se passe lorsque tu attends un enfant.
D'abord, tu travailles souvent jusqu'à la veille de ton accouchement. En effet, les jours que l'on a le droit de prendre font partie des jours de congés payés proposés par l'entreprise, donc si tu prends des jours avant ça en fait moins avec le bébé après.
Ensuite, et c'est là où ça se complique, l'Etat de New York a passé une lois appelée FMLA qui permet aux employés à temps plein de prendre 12 semaines de congés sans solde pour des raisons médicales pour soi ou un membre de sa famille sans se faire renvoyer. J'ai donc le droit, comme tout citoyen new-yorkais à ces 12 semaines non rémunérées.
Cependant, grâce à mon employeur je sais qu'une partie de ces semaines sera rémunérée. Pour cela, il faut que je sois dans l'incapacité d'aller travailler (et non avoir un bébé de moins de 2 mois n'est pas une raison en elle-même).
Une chose est sûre, c'est qu'après un accouchement "naturel", les médecins donnent 6 semaines de repos afin que les nouvelles mamans se rétablissent (8 semaines après une césarienne). Pour la suite, il en va du bon vouloir du médecin de dire s'il pense que l'on est apte ou pas à retourner travailler. S'il pense que tout est normal, il ne prolonge pas l'arrêt, et donc soit on retourne au travail, ou soit on fait jouer la FMLA et on peut encore s'occuper de son bébé pendant 6 semaines de plus non rémunérées. Par contre, si le médecin pense que la maman a des ennuis de santé
et que la raison est acceptée par l'assurance maladie, alors il est possible d'être rémunérée en partie pendant ces 6 semaines restantes. Pour faire simple, avec les accords de mon travail je pourrais être payée à 50% pendant cette deuxième partie si mon médecin me met en arrêt sous une condition qui satisfait ma mutuelle.
Vous n'avez pas tout compris ? C'est normal ! Et encore dites-vous que je vous passe certains détails !
Une autre question que l'on me demande souvent est si je prends des cours de préparation à l'accouchement ou pour la venue de bébé. Ces cours existent mais le moins cher que j'ai trouvé coûte 300$, bien sûr non remboursés, donc je pense que je vais faire l'impasse et je vais me contenter d'acheter un ou deux livres... De toute façon, le jour J et les suivants, je pense que tu fais comme tu peux et que bien souvent la réalité est assez différente de ce à quoi on se prépare car chaque maman et chaque bébé sont uniques...
En lien avec les 2 points précédemment développés, j'ai aussi rapidement laissé tomber l'idée d'avoir un accouchement naturel dans une maison de naissance ou dans l'eau car ce n'est pas remboursé par l'assurance maladie. Pour vous donner une petite idée, un accouchement "normal" à NYC coûte en général 30 000 dollars sans extra. Heureusement, j'ai une bonne assurance, donc tout devrait être pris en charge. Cependant, si je souhaitais me la jouer bobo/naturelle je devrais payer les suppléments de ma poche et je n'ai pas trop envie de me ruiner pour cela...
Après tout ça, vous vous demandez sûrement pourquoi je ne rentre pas accoucher en France, n'est-ce-pas ? Plusieurs raisons à cela. La première c'est que je veux que Félix soit là et qu'il ne peut pas se permettre de prendre un mois de congé supplémentaire en attendant la venue de bébé. Puis, il ne verrait pas notre enfant jusqu'à ce que nous ayons fait tous les papiers pour qu'ils puissent venir aux USA. La deuxième, c'est que je n'ai plus d'assurance maladie en France. La troisième, c'est que mine de rien, on a choisi de vivre ici donc on assume ! Et "last but not the least", notre fille aura la nationalité américaine car ici le droit du sol existe encore, et si elle veut elle pourra devenir présidente des Etats-Unis quand elle sera grande ;-)
A suivre...